Setsuko Hara



Biographie

  Setsuko Hara est l'actrice la plus emblématique de l'âge d'or du cinéma nippon, celui des années 50, quand le Japon se reconstruisait à grande vitesse. Elle a incarné (et continue d'incarner) l'idéal féminin aux yeux de bon nombre de Japonais qui l'ont surnommée "La Vierge éternelle". Mais, en 1963, elle décide brutalement de mettre un terme à sa carrière et de se retirer dans un temple à Kamakura, au sud de Tokyo. Depuis, elle n'est plus reparue en public et ne s'est jamais mariée.
  Née en 1920 à Yokohama, Setsuko Hara (de son vrai nom Masae Aida) débute très jeune sa carrière d'actrice grâce à un beau-frère qui travaille à la compagnie Nikkatsu. Elle apparaît pour la première fois à l'écran en 1935, dans un film de Tetsu Taguchi.
  A partir de cette date, elle ne cesse d'enchaîner les tournages comme tous les acteurs de cette époque. Sa filmographie, impressionnante, compte en 27 ans de carrière plus d'une centaine de films (111 selon la Japanese Movie Database) et certains sont aujourd'hui considérés comme des chefs d'oeuvre du cinéma classique japonais.

  C'est Yasujirô Ozu qui lui donne ses plus beaux rôles, celui de jeunes filles à marier, aimantes et attentionnées envers leur entourage. Son jeu, tout en spontanéité et en naturel, se distingue nettement de celui des autres actrices et sa vivacité s'accorde parfaitement à la caméra fixe d'Ozu.
  De cette collaboration, trois films forment comme une trilogie : Printemps tardif (1949), Eté précoce (1951) et, le plus célèbre, Voyage à Tokyo (1953). En effet, les lieux, l'époque, le milieu social, les situations sont quasi-identiques et l'on y retrouve les mêmes acteurs mais souvent dans des rôles intervertis. Ces films semblent comme des variations sur un même thème, la famille japonaise, mais scrutée, analysée et décortiquée selon des angles de vue différents.

Setsuko Hara et Chishû Ryû dans Printemps tardif.


Les mêmes acteurs dans Voyage à Tokyo.


Masayuki Mori et Setsuko Hara dans L'Idiot.
  Autre cinéaste à l'avoir mise en valeur, Akira Kurosawa, dans L'Idiot (1951), une libre adaptation du roman de Dostoïevski. Le rôle de Taeko Nasu lui permet de s'illustrer dans un tout autre genre puisqu'elle incarne un personnage tourmenté, à la limite de la névrose. Ses apparitions fugitives dans une longue capeline noire sont attendues avec émotion par le spectateur. Les changements rapides d'expression de son visage qui exprime tantôt la fragilité, tantôt la dureté, et ses éclats de rires soudains font trembler ses partenaires, Masayuki Mori et Toshirô Mifune.
  Enfin, elle a joué dans plusieurs films importants de Mikio Naruse, parmi lesquels Le Repas (1951) et Le Grondement de la montagne (1954).

  Sa décision d'arrêter brutalement sa carrière en pleine gloire demeure un mystère. Des problèmes physiques et familiaux ont souvent été évoqués mais elle ne s'en est jamais elle-même expliquée.


Photographie de droite : Setsuko Hara et Ken Uehara dans Le Grondement de la montagne.

Filmographie

The Internet Movie database (IMDB) (en anglais mais incomplète)
Japanese Movie Database (en japonais)
Dix films présents dans la base cinématographique de VJ :
    - Kochiyama Soshun (Sadao Yamanaka, 1936)
    - Printemps tardif (Yasujiro Ozu, 1949)
    - L'Idiot (Akira Kurosawa, 1951)
    - Eté précoce (Yasujiro Ozu, 1951)
    - Le Repas (Mikio Naruse, 1951)
    - Voyage à Tokyo (Yasujiro Ozu, 1953)
    - Le Grondement de la montagne (Mikio Naruse, 1954)
    - Crépuscule à Tokyo (Yasujiro Ozu, 1957)
    - Fin d'automne (Yasujiro Ozu, 1960)
    - Dernier caprice (Yasujiro Ozu, 1961)


Liens

The World of Japanese Cinema : Setsuko Hara (site en deux versions : anglaise et japonaise)
Un très beau texte de Donald Ritchie, spécialiste du cinéma japonais (en anglais)